Un Statut nouveau, issu d’un pacte avec l’État, doit ouvrir un nouveau parcours pour la Vallée d’Aoste, dans le respect de la Constitution et de notre histoire. La première préoccupation demeure l’avenir de notre Région. Il faut toutefois reconnaître que le caractère pactuel du Statut reste fragile: l’État peut encore, au nom del’« intérêt national », dépasser les garanties de notre Autonomie.
Au-delà des normes examinées par la Commission paritaire, y compris celles sur les concessions hydroélectriques, le rôle de la Cour des comptes apparaît prioritaire. Certaines décisions sur la prétendue insusceptibilité de contrôle des délibérations du Conseil régional exigent une réaction politique claire. Pour renforcer l’autonomie institutionnelle, cette Cour devrait être élue par le Conseil régional ou directement par les citoyens, selon des critères stricts de compétence. L’exemple du Valais, où elle est élue par le Grand Conseil et agit en pleine indépendance, mérite attention.
Une autre inquiétude concerne la perte de sensibilité autonomiste, surtout parmi les jeunes générations. La méconnaissance de notre histoire et des fondements de l’Autonomie interpelle la famille, l’école, les médias et la société. Il faut donc former des responsables politiques et des fonctionnaires capables de connaître le Statut, d’en comprendre les racines et d’en défendre l’esprit.
La recherche et l’innovation restent essentielles, comme le suivi des pépinières d’entreprises d’Aoste et de Pont-Saint-Martin. Sur le plan politique, une réforme électorale inspirée des cantons suisses pourrait être envisagée, avec l’élection directe du gouvernement et une présidence à tour de rôle. Cette évolution demanderait une modification constitutionnelle.
La Vallée d’Aoste devrait valoriser les compétences des jeunes Valdôtains établis à l’étranger et rechercher une collaboration sincère avec ceux qui se disent amis de notre terre.
La réforme du Statut ne peut se limiter à des ajustements techniques: elle doit garantir l’Autonomie, la responsabilité politique et l’avenir du peuple valdôtain, avec responsabilité, courage et fidélité à sa vocation.
François Stevenin
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