Nelle scorse settimane la Prefettura dell’Alta Savoia ha introdotto delle regole restrittive per salire ai 4.810 metri del Monte Bianco. In particolare è stato disciplinato l’afflusso lungo la via «normale» dal versante francese, la Voie Royale (considerata la più facile) che ogni anno attira circa 25mila alpinisti. Da venerdì 24 maggio si potrà tentare la scalata solo se in possesso di una prenotazione in uno dei 3 rifugi sull’itinerario – il Goûter (120 posti), il Tête Rousse (74) e il Nid d’Aigle (20) – o nell’area campeggio di Tête Rousse (40 posti). I costi dell’ascensione lievitano: ai circa 1.000 euro della guida alpina vanno aggiunti 100 euro di pernottamento. La Prefettura ha anche introdotto la possibilità di controllare le guide alpine, per contrastare l’abusivismo. La sorveglianza sarà affidata alla gendarmeria di Chamonix. Jean-Marc Peillex sindaco di Saint-Gervais è stato un acceso sostenitore delle nuove regole. Lo abbiamo intervistato.
Jean-Marc Peillex est maire de Saint-Gervais, conseiller départemental du Mont-Blanc et vice-président du Conseil départemental de Haute-Savoie. La Prefecture de Haute Savoie a choisi d’augmenter la sécurité sur le Mont Blanc et vous soutenez cette position. Est-ce-qu’il y a le risque que ce choix puisse donner de retombées negatives coté touristique?
«L’activité de l’ascension au Mont-Blanc est une activité très limitée (20.000 à 30.000 ascensionnistes par an). La régulation n’aura aucune conséquence négative, bien au contraire puisqu’elle va redonner à cette course son aura».
Maintenant, en Vallée d’Aoste, il y a un débat à propos du “numéro maximum” d’alpinistes qui peuvent se rendre quotidiennement au Mont-Blanc par la Voie Royale. Au cours de la dernière année, dès le mois d’août 2018, il y a eu à ce sujet, de la part de la mairie ou de la Prefecture, des échanges avec les autorités italiennes?
«La surfréquentation des accès italiens n’existe pas puisqu’il est long, technique plus dangereux et qu’ainsi il n’est pratiqué que par des “vrais” alpinistes. Il n’y a donc pas eu de concertation avec les autorités italiennes puisque le sujet ne concerne que l’accès par l’itinéraire de Saint-Gervais. Par contre il est effectivement dommage qu’il n’y ait pas de règles partagées et que par exemple l’Italie ait instauré sans concertation une très bonne règle pour les secours (secours abusifs payants) ou continue à autoriser l’héliski (interdit en France) avec ses conséquences en terme d’environnement et d’accidentologie (voir cet hiver le dramatique accident avion/hélicoptère)»
Le choix fait coté Haute Savoie est né pour la question primaire de la sécurité. On ne risque pas de rendre le Mont Blanc plus élitaire encore?
«Les amateurs de l’alpinisme n’ont pas le droit de pouvoir se confronter librement avec cette montagne mytique? Personne ne parle d’accès à la montagne car il s’agit uniquement de réguler l’accès au sommet du Mont-Blanc par la Voie Royale de Saint-Gervais (75% des candidats au sommet) dont la Voie est devenue une véritable “foire du trône”».
Comme peut-on expliquer aux professionels du secteur (guides, hôteliers, restaurateurs) de l’autre côté du Mont-Blanc que le choix qui a été fait de votre part est correct et, surtout, durable?
«Je me répète cela ne concerne que l’itinéraire Saint-Gervolain. De plus il n’y a pas de changement par rapport aux autres années, simplement de voir appliquées les lois et règlements qui étaient jusqu’alors non appliqués voire bafoués. Le seul changement est la réduction du nombre de personnes au camp de base à tête rousse, qui est une simple tolérance en site classé (toute forme de camping y est normalement interdite par la loi)».
Le débat sur cette question ouvre, encore une fois, un chapitre important pour l’histoire du Mont-Blanc: c’est une montagne française ou italienne? Ou peut-être, vu le moment historique que nous vivons, nous sommes enfin capables d’aller au-delà de cette question?
«Je vous renvoie à mes remarques ci-avant. On ne peut pas en faire un sujet que lorsque cela nous arrange (comme ajouter le nom du Mont-Blanc à Courmayeur pour faire venir plus de toursites) et laisser le Maire de Saint-Gervais gérer tous les problèmes d’irrespect de bagarres, de destruction du milieu naturel, sans mot dire. Je n’ai jamais eu le moindre message de soutien des élus italiens ou français».

